
Les Salons de l’Habitation m’ont accueillie à bras ouverts
parce qu’en autoconstruction, je cherchais des fournisseurs. Mes yeux étaient avides
de trouver les immenses caissons de polyéthylène (du plastique pour les
non-convertis), de béton ou de fibre de verre. Mon conjoint entretenait des discussions
en rafale avec les différents fournisseurs, sur la superficie de notre propriété,
sa topographie, la perméabilité et l’épaisseur du sol naturel en place. Le
matin, la table de chevet était ensevelie de cette documentation et on se
sentait gras dur de pouvoir faire le bon choix, car cohérence oblige avec notre
mandat d’être écolo, l’installation septique demandait un système
d’assainissement qui n’aurait pas d’impact sur l’environnement à l’égard de la
concentration d’organismes pathogènes rejetés (coliformes fécaux). On voulait un
système simple avec une performance et une fiabilité assurée. Nous prônions
aussi les systèmes passifs ne requérant aucune électricité ni pièce électromécanique
pour le traitement.

Pour obtenir le permis de la municipalité, l’arpenteur
géomètre doit donner la topographie du site, la pente du terrain récepteur, le
niveau de perméabilité le niveau du roc, des eaux souterraines et de la couche
de sol perméable. Un plan sera rédigé pour accompagner la demande de permis.
C’est lors du creusage pour la fondation que la fosse septique a été installée.
Les plus chevronnés utilisent des toilettes de compostage
des excréments, ou des toilettes sèches. Les Suédois en sont de grands admirateurs.
Après chaque utilisation, ils versent deux louches de copeaux de bois qu’ils se
procurent des scieries, et voilà, du compost. Il y a d’autres systèmes sur le
marché comme le roseau épurateur, le bambou et le filtre coco. Nous avons
choisi le système qui nous convenait le mieux selon les recommandations de
l’arpenteur géomètre, nos conditions climatiques et LEED v4.
Il était aussi question de récupération de nos eaux grises,
donc toute l’eau provenant des lavabos, la douche et la lessiveuse à
l’exclusion de nos toilettes, de l’évier de cuisine ou du lave-vaisselle à
cause des graisses et des matières organiques. Dans notre exubérance de vouloir
être écolo et récolter des points LEED v4, nous avons frappé un mur. Notre
système de fosse septique ne pouvait pas supporter la récupération des eaux
grises à cause du chlore que l’on doit appliquer aux eaux souillées. Adieu
récupération des eaux grises qui auraient été utilisées seulement dans nos
toilettes.
Être écolo demande parfois plus de responsabilités. Une
fosse septique écolo ne fait pas l’exception. Il faut la dorloter pour
encourager une culture saine et la garder en condition optimale. Je ne peux pas
m’empêcher de sourire à l’idée que j’encourage la culture écolo en prenant soin
de mon système de traitement des eaux usées. Une culture en vaut bien une
autre. Excusez-la. Je ne pouvais pas résister.
Aucun commentaire:
Publier un commentaire