samedi 11 novembre 2017

L'homme qui bâtit des rêves

Il faut donner le temps au temps. C’est un grand maître qui révèle tout. Le temps balaye les imposteurs et confirme les gens authentiques. Le temps développe la persévérance, celle qui nous fait oublier pourquoi un défi serait démesuré par une multitude d’embuches qui nous empêcherait de réaliser notre rêve. Le temps nous enseigne aussi que les obstacles sont des choses que l’on perçoit quand on perd de vue l’objectif. Le temps fait son œuvre et l’expérience recueillie nous révèle que les seules limites à nos réalisations sont celles que nous nous imposons.
  
Il y a un an presque jour pour jour, nous entamions la dernière phase d’une planification qui était tellement importante pour nous, que nous ne voulions pas la confier à quelqu’un qui ne réaliserait pas l’investissement affectif que nous y avions mis au cours des trois dernières années. Nous étions à la recherche d’un entrepreneur honnête, ouvert à nos idées sur la construction écologique, attentif aux exigences sévères de la certification LEED v4 Niveau platine que nous convoitions et il fallait qu’il soit patient. Je dis patient parce que nous sommes la deuxième construction domiciliaire de ce genre au Canada et au Québec. Nous n’étions pas une corporation qui se lançait dans un projet vert, mais bel et bien Môman et Pôpa qui osaient rêver en grand avec un projet de retraite bien mijoté, muri par des formations professionnelles, des heures innombrables à dessiner des plans par mon conjoint, des recherches qui ne semblaient jamais finir et une courbe d’apprentissage tellement aiguë qu’une fois le point de bascule rejoint, nous étions soulagés par le nouvel élan vers la prochaine étape. Il nous fallait un entrepreneur avec une capacité d’écoute phénoménale, car autant nous utilisions des notes de construction volumineuses pour étaler nos exigences, autant que nous soulevions des questions au fur et à mesure de nos constats journaliers. Nous avions une bonne équipe de conception avec l’architecte Anabelle Arsenault de Tergos, des ingénieurs-conseils en la matière avec Benjamin Zizi et Denis Boyer, un mentorat exceptionnel avec Emmanuel Cosgrove d’Écohabitation. Néanmoins, nous nous aventurions dans un territoire nouveau, la construction d’une maison unique en son genre et du jamais vu dans Charlevoix. Il fallait donc trouver un entrepreneur aussi chevronné que nos rêves. Les planètes se sont alignées et le cosmos a répondu à notre demande. Ce billet veut rendre hommage à Normand Duchesne, entrepreneur et propriétaire de Niveautech, situé à Saint-Irénée. C’est un nom que nous avons entendu maintes fois avant de rencontrer l’homme dont la réputation était plus qu’élogieuse.  C’est toute une communauté qui l'appuie.
Un jour que nous étions à la Caisse populaire de Saint-Irénée, j’ai fait le commentaire que leurs portes étaient très belles. La caissière sans broncher répondit : c’est Normand. C'est une expression que nous avons entendu souvent. De plus en plus dans nos échanges dans Charlevoix, lorsque nous demandions qui avait fait l’ouvrage dont la qualité nous impressionnait, le même nom ne faisait que résonner. Le tout a été scellé quand nous faisions une promenade sur notre chemin au Ruisseau-Jureux et regardions les maisons voisines. Nous faisions connaissance avec nos voisins et par la force des choses, on jasait de construction. Inévitablement, on leur demandait l’entrepreneur de leur maison fait sur mesure et c’était encore Normand Duchesne avec sa compagnie Niveautech.
Ses références étaient impeccables. On ne pouvait pas demander mieux. Donc, armés avec le courage de deux novices qui se croyaient chevronnés, nous avons rencontré Norman pour lui parler de notre projet. Nous avions le terrain, mais notre maison dans l’Outaouais n’était pas encore vendue. Pendant les 22 mois qu’il a fallu pour vendre la maison, Normand a écouté notre discours sur la construction écologique, il a visité le terrain à maintes reprises et il nous a impressionnés par sa patience interminable. Pendant ce temps, il nous donnait toujours l’heure juste sans rien exiger. Il était évident pour nous que Normand respectait ses clients et qu’il serait en mesure de nous aider à réaliser notre rêve. Nous savions que cette association nous apporterait une relation professionnelle et personnelle enrichissante. Finalement le grand jour arriva et nous signions notre entente hybride d’autoconstruction. Pierre serait le gestionnaire du projet LEEDv4, je ferais l’administration financière et Normand bâtirait la maison en vue d’obtenir la certification LEEDv4.

Nos travaux débutèrent à l’automne 2016 après avoir emménagé dans une maison de location aux Éboulements. Lorsque les travaux d’envergures ont commencé, nous avions l’impression que le temps s’évaporait aussi rapidement que les brumes automnales. L’équipe de Normand avec le concours des sous-traitants spécialisés s’acharnait pour compléter la première phase de la construction avant les balbutiements de l’hiver. Une fois les murs et la toiture de la maison érigés, les hommes pourraient travailler à l’intérieur, du moins, c’est ce que je pensais. Autant que le mois d’octobre nous eût cajolés avec ses températures favorables, novembre nous coupa le souffle avec ses vents venant du large mettant en péril les murs préfabriqués en usine. La journée la plus dramatique fut lorsque le grutier balançait les murs au bout de son câble que le vent basculait allègrement. Normand et son équipe solidifiaient les murs et la charpente du toit une fois installé sur la fondation.

C’est en décembre avec son froid sibérien que Normand et ses hommes posèrent la toiture en acier.
Normand (casque blanc) explique la stratégie avec son équipe
Quand vint le temps de l’installation des fenêtres, nos ouvriers firent équipe avec les Suisses qui venaient livrer nos fenêtres importées d’Autriche. Pendant une semaine, ils ont tous travaillé ensemble, fusionnant deux cultures de construction bien différentes pour atteindre le but. Le froid imperturbable avait anéanti la technologie. Nous avions près de 8700 livres de fenêtres à soulever et le froid empêchait la robotique de fonctionner pour soulever les fenêtres. Les hommes se sont donc mis à le faire manuellement. La plus lourde, une de nos lucarnes dans la cuisine, pesait 800 livres et fut montée à la main, jusqu’au haut de l’échafaud. Je ne pouvais pas croire qu’on pouvait travailler dans des conditions climatiques aussi exigeantes. Le mercure plongeait à des -34 et les hommes persévéraient, penchés sur le travail à faire. C’est le froid qui dictait l’échéancier et les vacances de Noel approchaient. 

Pierre avec son fidèle tracteur John Deere surnommé Papoute
Quand vint la neige, le défi venait de monter un cran. Tôt le matin, nous nous levions à 4 h 30 pour préparer notre journée pour nous assurer que le matériel serait disponible pour les travailleurs et pour préparer le site extérieur. Pierre démarrait Papoute, notre fidèle tracteur John Deere et déblayait le chemin et les aires de stationnement et de travail. Il fallait accommoder les travailleurs avec leurs véhicules et les camions de livraison. Je pelletais la neige autour des échafauds et le périmètre de la maison. Ensuite, je retournais aux Éboulements pour préparer quelque chose de chaud dans la mijoteuse pour les hommes le midi. C’était la moindre des choses. Nous tenions à exprimer notre reconnaissance, car souvent les ouvriers lâchaient leurs outils pour venir nous aider à déblayer. C’était un vrai travail d’équipe. Normand était toujours au-devant de toutes les démarches et agissait comme liaison entre les ouvriers et les fournisseurs. Ces conseils ponctuels ont facilité la tâche de Pierre qui devait s’assurer que l’approvisionnement et les échéanciers fonctionnent. Lorsque j’avais des questions ou des inquiétudes, Normand avait toujours la réponse qui me rassurait et il s’exécutait rapidement. C’est un homme qui réfléchit avec un focus rapide et qui est en mesure de puiser sur son expérience pour trouver des solutions réalistes. Il maintient un esprit ouvert et s’adapte rapidement aux changements, surtout lorsqu’il intègre un nouveau matériel de construction. Son ouverture d’esprit inspirait son équipe et nous rassurait. En tout temps, nous savions que nous pouvions compter sur lui et qu’il ne nous laisserait pas tomber.
Normand à l'œuvre l'autre côté de la fenêtre dans le froid sibérien

Normand est un homme attentif et très généreux. Un jour d’hiver particulièrement froid, je me souviens en entrant au village d’avoir vu Normand en train d’ériger une aire de pratique de hockey pour son fils Rémi. Ça ne faisait que valider ce que nous savions déjà de Normand, c'est un homme au grand cœur qui n’hésite pas de faire la bonne chose malgré les défis inhérents à la tâche.

Normand discute la finition sur mesure pour l'intérieur.
Les semaines qui allaient venir annonçaient de nouvelles étapes pointilleuses pour respecter les normes de LEED. Pendant que Pierre faisait ses recherches, courrait pour des fournisseurs et répondait aux questions des sous-traitants, Normand agissait comme une liaison efficace en redirigeant parfois nos requêtes, utilisant son réseau de professionnels et surtout, en validant nos démarches au niveau de la construction. Nous avions le nez collé à la ligne de temps du projet pour préparer la maison pour les séries d’inspections environnementales, écologiques et les tests des ingénieurs. Nos victoires étaient leurs victoires, nos défis étaient leurs défis. La synergie existait, car c’était un bon chantier. Nous avons reçu des visiteurs entre autres, de présidents et vice-présidents des compagnies de nos fournisseurs qui voulaient voir l’application en temps réel de leurs produits. Nous les rencontrions pour parler de notre expérience. Normand contribuait aux échanges avec des renseignements sur l’application et l’exécution des travaux. Lors des tests des ingénieurs, il était disponible pour répondre à leurs questions et surtout préparer la maison pour l’inspection.

Au fur et à mesure que les travaux avançaient, la technologie spécifique pour la performance écologique et écoénergétique, les matériaux, les méthodes de travail et les consultations avec de tierces parties devenaient de plus en plus exigeants. Pour obtenir la certification LEEDv4 Niveau Platine, tout est obligatoire. Il n’y a pas de compromis. Lorsque les sous-traitants arrivaient, Pierre les mettait à la page pour s’assurer que les normes étaient respectées et que les notes de construction étaient respectées. Pour plusieurs sous-traitants, c’était la première expérience avec LEED. Ce qui a rendu la tâche plus facile est que Norman nous avait recommandé de bons fournisseurs et installateurs locaux. Cette formule gagnante a favorisé des résultats atteignant notre cible. Une belle alliance s’est développée entre nous et tous les travaillants, nous étions plus qu’une équipe, nous devenions des amis.


L'Heure Bleue, notre maison écologique à Saint-Irénée
Le printemps charlevoisien est tardif, toutefois il apporte ses faveurs tant attendues. Les travaux de finition étaient terminés avec le revêtement et les fenêtres. Les journées allongeaient, et encore une fois le temps apportait avec lui le retour des oiseaux, le verdissement des prés, les premières fleurs du printemps et la réalisation que nous avions une vraie maison, pas une structure en voie de construction, mais que la maison était réelle. Le chantier devenait de plus en plus silencieux et finalement, les derniers échafauds partirent avec tous les camions. Le soleil entrait par la fenestration généreuse et effleurait nos planchers de noyer blanc. Je marchais dans les pièces et je pouvais imaginer facilement notre vie ici. Souvent, Pierre et moi arrêtions nos travaux de vernissage pour saisir le moment présent, cette petite voix intérieure qui nous dit que nous avons non seulement fait la bonne chose, mais aussi que nous avons relevé un défi de taille et que nous l’avons bien fait. 

Nos terrasses avec vue sur fleuve et accès au bord de l'eau.
Tous les matins, nous nous faisons un devoir d’exprimer notre reconnaissance en regardant les premières lueurs du jour, l’heure bleue où la nuit cède un horizon de feu pour annoncer un nouveau jour. C’est la première heure du jour où les oiseaux commencent à chanter, où les fleurs et les fruits sont à leur meilleur parfum. C’est le moment présent où Pierre et moi partageons un sentiment de quiétude, une vie de couple pleine de découvertes à venir avec une sérénité bien enracinée dans une nature à couper le souffle. C’est pour ces raisons que nous avons nommé notre maison L’Heure bleue en gage de notre reconnaissance de saisir tous les jours qui nous sont donnés.

On ne peut que sourire, rire même quand on pense aux étapes que nous avons franchies. Notre famille et nos amis réalisent l’ampleur de notre projet et nous ont demandé si nous le recommencions. Sans hésitation, nous répondons que nous le referions demain matin. C’est une réponse qui vient de l’expérience vécue et elle vient aussi du cœur. Nous le referions avec Normand Duchesne sans hésitation. L’autoconstruction n’est pas pour tout le monde. Construire une maison clé en main est plus simple, mais nous voulions un projet de retraite. C’est notre dernière maison et nous voulions investir toute notre énergie pour l’atteindre parce que c’est important. Au bout de notre trajectoire, nous réalisons la différence entre construire et bâtir. C’était plus qu’un projet de construction. Nous avons bâti notre chez-nous pour vivre les belles années qui nous attendent avec nos enfants et petits-enfants. C’est une de nos plus belles réalisations.

Si jamais vous êtes dans notre bout de Charlevoix, et vous voulez voir ce qu’un couple à la retraite peut faire quand ils sont motivés et têtus, venez nous voir. Si vous voulez voir ce qu’un homme peut faire lorsqu’il a une vision et de la persévérance, regardez dans Charlevoix ce que Normand Duchesne a bâti avec Niveautech. Si le temps apporte la réalisation de la mesure d’un rêve, nous pouvons vous partager notre histoire. Si le temps apporte la réalisation de la mesure d’un entrepreneur, c’est l’histoire de Normand Duchesne, un bâtisseur de rêves qui deviennent des communautés.

  


dimanche 5 novembre 2017

Et la lumière fut

Ce mystère infini. La lumière qui voyage plus vite que le son. Celle qui réconforte, qui nous guide, qui nous réchauffe et nous protège. Le romancier Haruki Murakami écrit que le bonheur est : "là où il y a de la lumière, il y a nécessairement de l’ombre, là où il y a de l’ombre, il y a nécessairement de la lumière." La lumière a longtemps été associée à cette paix intérieure que l’on cherche perpétuellement à cultiver. L’artiste la transpose sur sa toile, car les couleurs viennent d’elle. La science mesure le temps avec des années-lumière. Les enfants la laissent danser sur le bout de leurs doigts et quand on éteint la lumière, ils nous demandent où elle est allée. Nous avons compris très tôt l’importance de la lumière. C’est la source de vie inaltérable que l’on manipule à notre gré.


Des lucarnes géantes éclairent et réchauffent notre maison.
Éclairage naturel de la cuisine
Quand vint le temps de faire les plans pour l’éclairage de notre maison, l’architecte en a discuté longuement avec nous. La fenestration imposante apporte suffisamment d’éclairage naturel que ce soit au rez-de-chaussée ou au rez-de-jardin. Au cours des saisons, nous suivons la course du soleil sans même avoir besoin d’aller à l’extérieur. Les chiens assis imposants, des lucarnes géantes dans la salle de séjour, salle à manger et la cuisine nous donnent l’heure juste. La nuit, c’est la lune qui nous éclaire et la fameuse voute céleste de Charlevoix avec sa voie lactée visible à l’œil. Toutefois, la vraie vie n’est pas si romantique. Quand les journées raccourcissent et que le soleil descend derrière les montagnes du célèbre astroblème charlevoisien, comme un reflex bien rodé nous allumons les lumières, non seulement pour fonctionner, mais pour nous réconforter.
Dans notre boisé, il fait noir comme chez le loup. Donc, une fois le plan d’éclairage établi, il fallait revoir les exigences de LEEDv4 pour obtenir la certification. C’était le début d’un exercice fort agréable sous l’œil expert de Michel Pilote, designer d’éclairage et propriétaire de Luminaire Décor Etcetera, de Baie-Saint-Paul. Pour ce faire, nous avons étalé nos exigences, les plans de l’architecte et nos goûts personnels. Michel est venu sur le chantier à plusieurs reprises et a mandaté un spécialiste de la lumière pour peaufiner le design quand vint le temps de choisir l’éclairage dans le garage de mon conjoint qui avait des exigences spécifiques à cet égard.


Une fusion de l'extérieur et de l'intérieur
Pour que l'éclairage soit écologique et écoénergétique, il va sans dire que le contrôle est la priorité. On favorise la lumière naturelle et nous l’avons atteint avec la fenestration qui compte pour plus de 33 pour cent de la maison dont plus de 90 % des pièces ont accès à la lumière naturelle. Un ingénieur a fait le calcul pour optimiser l’apport de la lumière, car dans notre cas, la lumière naturelle procure aussi de la chaleur. Nous avons donc des fenêtres placées stratégiquement dans certaines pièces pour utiliser la lumière naturelle, et des portes intérieures vitrées pour diffuser la lumière dans les couloirs.
Éclairage indirect
L’éclairage intérieur adapté à nos besoins quotidiens est contrôlé par un programme de domotique résidentiel pour le confort et la sécurité. Nous avons choisi des contrôles manuels avec interrupteurs, des détecteurs de mouvement, des capteurs intelligents, des gradateurs, des témoins pour indiquer qu’une lumière est allumée dans une pièce peu visitée. Tous les appareils, luminaires et accessoires sont homologués Energy Star pour obtenir le niveau de performance énergétique supérieur exigé par LEED v4. De ce fait, nous pouvons mesurer et suivre la performance énergétique réelle pour fournir des mesures correctives. Nous utilisons également de l’éclairage indirect pour valoriser certaines caractéristiques architecturales comme les textures et les matières nobles.

Lecteur en temps réel
Puisque l’éclairage compte pour plus de 5 à 10 % de la consommation de l’énergie d’une habitation, il joue un rôle important dans l’accréditation LEED v4. Michel Pilote nous a guidés dans nos choix en nous offrant un vaste choix et d’options en recherchant personnellement ce dont nous avons besoin. Tous les appareils qu’il nous a vendus sont Energy Star, une homologation exigée par LEEDv4 et qui amène des économies de 50 à 70 % en consommation d’énergie. Il nous a également fourni un appui indéniable pour l’éclairage DEL pour optimiser son utilisation. Son design favorise de bonnes habitudes d’éclairage. Il utilise l’ampoule dont l’intensité lumineuse convient à nos besoins spécifiques, le nombre adéquat de luminaires pour l’éclairage général, l’éclairage localisé pour accentuer des éléments ou pour faire certaines tâches. Les ampoules DEL utilisent 90 % moins d’électricité et ont une longévité de 20 ans.
Les inventeurs des diodes électroluminescentes ont reçu le prix Nobel de physique pour cette découverte et mise en application. Toutefois, comme toute bonne chose, il y a un bémol. Les ampoules DEL produisent de la lumière bleue utilisée partout, la télé, le cellulaire, la tablette numérique, l’ordi. C’est aussi une tendance en architecture pour ses qualités de lumière froide. Normalement, la lumière que l’on perçoit semble blanche, mais elle réellement un mélange de couleurs. On a qu’à penser aux couleurs de l’arc-en-ciel. Il y a aussi d’autres lumières que nous utilisons quotidiennement comme les ultraviolets, les rayons X, les infrarouges et les microondes. Nous connaissons les précautions dans certaines de ces applications, mais nous ignorons l’apport des lumières DEL dans nos pratiques quotidiennes. La lumière bleue produit des modifications moléculaires au niveau de la rétine, du cristallin et de la cornée. Elle peut causer un vieillissement prématuré des structures de l’œil telle la dégénérescence maculaire et occasionner des cataractes. La lumière bleue a aussi ses effets thérapeutiques comme la luminothérapie pour ses effets sur la dépression saisonnière. Dans notre cas, les risques photobiologiques sont minimes puisque nous avons choisi des lumières DEL au blanc chaud, contrairement au bleu froid.

Éclairage tamisé
Pour l’extérieur, nous avions plusieurs critères tels des appareils Energy Star, l’utilisation de la technologie Del, la mise en valeur des qualités architecturales de notre résidence et de son aménagement paysager, la sécurité et les voies d’accès. Le tout a été réalisé avec des capteurs de mouvement, des cellules photovoltaïques et des commutateurs directs. L’effet de la lumière sur la texture du revêtement de la maison met non seulement en valeur ses propriétés esthétiques, mais aussi assure un éclairage plus ponctuel et tamisé. Puisque notre propriété est riveraine, la réduction de la pollution lumineuse s'est ajoutée à notre liste. Michel Pilote nous a guidés pour éviter la lumière intrusive, l’éblouissement et le suréclairage.
Exemple de pollution lumineuse
La pollution lumineuse est la conséquence de l’éclairage artificiel nocturne sur la faune, la flore, les écosystèmes. Cette pollution engendre un déséquilibre sur le comportement, les fonctions physiologiques et les rythmes biologiques, la désorientation temporelle de l’écosystème environnant et des espèces qui l’habitent. Les habitudes ancestrales de la faune terrestre et aquatique peuvent être perturbées par la pollution lumineuse au niveau de la reproduction, la migration, le sommeil et la recherche de la nourriture.

Les bateaux de croisière passent chez nous.
Le soir nous voulons voir les voiliers, les vraquiers et les bateaux de croisière tout illuminés passer sur le fleuve. Indéniablement, la meilleure lumière le soir est la voute céleste de Charlevoix. La pollution lumineuse nuit à cet exercice. Nous avons tout à gagner en demeurant discret sous les voiles de la nuit.

La lumière est la source de vie inaltérable que l’on manipule à notre gré. La leçon que nous avons soutirée de cette expérience démontre encore une fois que lorsque nos valeurs deviennent intrinsèques à nos réalisations, la courbe d’apprentissage ne peut que monter pour améliorer notre sort. C’est en changeant notre zone de confort et calmant nos doutes que l’on grandit que l’on adopte un nouveau paradigme pour protéger nos principes. Cela ajoute une grande qualité à notre quotidien. Maintenant, quand j’allume ou j’éteins une lumière, je sais que je ne suis pas seule. J’ai toute la planète, les étoiles, et Gaia qui soupirent de reconnaissance.

lundi 4 septembre 2017

Muscari: l'art du jardin à la carte


Le souffle chaud de l’été est parfumé d’aromates sauvages. Je demeure inerte, les pieds enracinés dans ma terre pour savourer cet instant. Les lupins sauvages commencent à s’éteindre comme le dernier soupir d’un tison. Les pommiers laissent tomber leurs pétales vaporeux, car bientôt le fruit viendra. Les aubépines lèvent la tête avec leurs bourgeons porteurs de douceur. Éventuellement, la verge d’or envahira ce tableau serein balayé au gré du vent du fleuve. J’accueille tous ces parfums sauvages réchauffés par le soleil. Je ferme les yeux le temps d’un instant et je me laisse transporter. Un soupir qui gonfle mes poumons avec le vent du large et la terre chaude me ramène à la réalité. Les immortelles, ces fleurs dont le parfum demeure longtemps après que les pétales tirent leur révérence, plaisent mon regard en venant me chercher. C’est ça être jardinier et mon jardin est une méditation à ciel ouvert. On dit que le bout du monde et le fond d’un jardin décèlent les mêmes merveilles. Pour moi, jardiner est avoir la nature à fleurs de pot.

Chaque saison, apporte de nouveaux yeux. Je vois ce qui m’entoure et j’en suis reconnaissante. Je pense aussi au travail qui m’attend. La réalité me frappe et mon inspiration est ramenée à la réalité. J’ai besoin d’aide. Ce n’est pas une capitulation, c’est une stratégie dictée par LEEDv4 et l’aménagement paysager de notre maison. Toujours en quête de cette certification internationale, je revois les exigences LEEDv4 au niveau de la gestion de l’eau, des ilots de chaleur, et tout le tralala. Mon soupir me trahit. J’aimerais mieux jouer dans les quelque cent mille pieds carrés de terrain, au lieu de mesurer et de justifier ma démarche, mais rigueur oblige. Malgré les quelque dix mille fiches de Pinterest sur le jardinage et la permaculture que j'ai accumulée pendant les trois dernières années, cette terre rocheuse suscite des inquiétudes. Ma voisine Jocelyne me suggère son horticultrice avec tout un bagage de louange. Je le vois de mes yeux. Leur terrain est à couper le souffle par le choix des plantes et leur disposition comme si elles avaient toujours été là. C’est donc avec aplomb, que je retourne chez moi, après un diner copieux entre filles, et j’appelle Julie Gauthier, propriétaire de Muscari, un service d’horticulture à la carte. J’aime déjà le nom. Muscari, petite fleur tenace d’un mauve vibrant et dont le parfum évoque le désir de tout arrêter pour l’apprécier.

Julie Gauthier, propriétaire de Muscari, le jardin à la carte
Julie Gauthier est une jeune femme au sourire facile, aux yeux noirs pétillants, et une intelligence vive. Sa capacité d’écoute démontre un respect sincère pour les besoins de sa clientèle. Sans prétention, elle me suit pendant notre visite initiale du terrain. Mon débit incessant me donne l’impression de faire du coq-à-l’âne, car je ne veux rien oublier. Pourtant, j’avais écrit ma stratégie avec deux messages précis : réaliser un aménagement extérieur LEED v4 et le faire moi-même. Le concept du jardin à la carte était la formule qu’il me fallait. Nous n'avons pas perdu de temps. Une belle synergie s'est installée en tissant un lien de confiance. J'étais impressionnée par ses connaissances qu'elle partageait avec moi discrètement. Son expérience en dit beaucoup. Je lui montrais des plantes et elles les identifiait me permettant ainsi de faire l'inventaire. C'est, comme elle le dit bien, une fille de terrain qui connait bien les végétaux et leur botanique. Moi j'ai vu quelque chose de plus. Julie a à cœur son coin de pays charlevoisien, elle le connait très bien et dans ses interventions avec moi, elle cherche à la conserver. Dans son approche, elle ne bouleverse pas la nature pour en faire un tableau rase. C'est plutôt avec un tact qui lui est tout à fait naturel, que Julie me fait découvrir les perles cachées, les saisons à venir et qui me donne le goût de voir l'horticulture autrement. Je comprends maintenant que la plus belle qualité d'un jardinier est de donner le temps au temps parce que la nature fait bien les choses. On ne peut pas être plus écolo que cela!

Solide de son expérience d’horticultrice, Julie Gauthier offre un service à la carte. Le concept est génial avec les options suivantes : le jardin illustré fournit une image virtuelle avec Muscari Design pour visualiser l’aménagement personnalisé. Le jardin avisé, celui que j’ai choisi, nous permet de réaliser nous-mêmes les travaux d’horticulture tout en profitant du service-conseil de Julie. Elle répond à toutes nos questions et fait des recommandations. Le jardin assisté propose de faire les travaux avec le client dans une symbiose toute simple que ce soit pour les tâches de plantation, de division de vivaces, taille de haies, désherbage ou autre. Le jardin spontané offre une souplesse sur mesure. Grâce aux conseils de Julie et de son service-conseil, nous avons atteint les cibles de LEEDv4, et transformé un défi en épanouissement.

Quelqu'un a dit que le bonheur est l'art de faire un bouquet avec les fleurs qui sont à notre portée. L’aménagement paysager est un de nos projets évolutifs. Puisque la saison est courte dans Charlevoix, l’aménagement de notre forêt nourricière se fait au gré des saisons. J'avoue que l'entretien des sous-bois et l’élagage des pommiers semblent une tâche monumentale pour les novices que nous sommes.
La première phase de notre projet est l’aménagement du terrain immédiatement en périphérie de la maison pour répondre aux exigences LEED v4. J'ai divisé cette partie de notre terrain en zones spécifiques. Nous visons principalement : la réduction des ilots de chaleur, l’écoulement des eaux, la récolte de l’eau de pluie et un jardin pluvial.  Le tout doit être réalisé en intégrant des stratégies écologiques et prenant en considération notre microclimat le long du fleuve.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                     
Pour ce faire nous avons dû assurer les étapes suivantes :

·        Faire un inventaire des plantes indigènes

·        La pelouse étant interdite pour LEEDv4, nous avons semé du trèfle blanc (100%) devant la maison, 15%  sur les côtés et à l’arrière.

·        Il n’y aura pas d’irrigation; l’eau est approvisionnée par les barils d’eau et les averses

·        Il y a 18 pouces de gravelle de couleur pâle autour de la maison en guise de bande de propreté et pour le chemin donnant accès au garage et l’entrée principale de la maison. Les autres entrées sont en trèfle.

·        Les zones que nous entamons cette année en périphérie immédiate à la maison sont les suivantes :
Zone A : haie mixte indigène comme brise-vent et nous donner de l’intimité ; cette haie longe la clôture en perches le long du chemin principal et se compose de rosiers, framboisiers, sureaux et d’une arbustaie mixte. Nous intégrons des sapins baumiers pour former un écran contre le vent et nous donner plus d’intimité.

Zone B : Haie de lilas : le long de notre chemin privé (perpendiculaire au chemin principal) qui mène à  notre résidence;  pour contrer la possibilité d’ilot de chaleur qui réchaufferait la maison l'été, protéger la section G, empêcher l’érosion du sol, intercepter la neige, attirer les oiseaux et les abeilles (recommandé par Agriculture et agroalimentaire Canada); les lilas sont présentement d’une hauteur moyenne d’un mètre. D’ici 10 ans, ils auront atteint environ 7 mètres de hauteur et seront en mesure d’ombrager notre chemin privé l’été.

Zone C : Végétation mixte entourée par les zones G, B, H, F; arbres matures comme érable champêtre, aulne, amélanchier, aubépine, sorbier des oiseaux, peuplier tremble, sapin baumier, thuya, pommier, gadellier, sureau du Canada et vivace comme la verge d’or, Lysimaque, fougères rustiques et chardon. La zone C procure de l’ombrage sur le jardin pluvial, le jardin xérophile, l’entrée de cour devant la maison et le garage.
Zone D : tuyau : purge pour puits; se vide dans le fossé le long de la ligne séparant les terrains (au besoin); ce fossé a été creusé pour le drainage des eaux de pluie en provenance du chemin principal pour permettre l’écoulement vers le bas du terrain.

Zone E : Haie de cèdres : brise-vent le long de notre chemin privé à l’arrière de la maison menant au fleuve : empêche l’érosion du sol, et aide dans l’écoulement des eaux. 
Zone F : zone de forêt mixte : ne sera pas touchée puisqu’elle est habitée par des cerfs de Virginie (preuve de leurs ravages été comme hiver). Nous avons compté 11 cervidés dans un même instant sur notre terrain. Ils se nourrissent des arbres fruitiers et de baies sauvages dans nos arbustaies. Les arbres leur fournissent un canapé contre les intempéries. Toutefois, les pommiers recevront un élagage pour prévenir la maladie ainsi que des interventions respectant leur propriété bio pour complémenter l’écosystème comestible existant. (Principe de la permaculture de David Holmgren)

Zone G : permaculture : cette zone sera faite en étapes : plantation de bleuetiers, fraisiers, plantes comestibles et médicinales; les arbres fruitiers qui seront ajoutés seront les poiriers et les pruniers (Espèces rustiques importées par les premiers colons français Réf. Université Laval)
Zone H. jardin xérophile : jardin de méditation très zen;  sans irrigation, plantes indigènes, pierres trouvées sur le terrain, pour éliminer les ilots de chaleur, empêcher l’érosion du sol, contrôler l’écoulement des eaux. Nous allons ajouter une variété de graminées.

Zone I : Potager sur tables adaptées pour accès universel pour personnes âgées et avec mobilité réduite : potager de cuisine, plantes comestibles, plantes médicinales, table de propagation (boutures, semis, etc.); sont installés près de la maison pour bénéficier de l’eau provenant des barils d’eau
Zone J : Jardin pluvial : il existe depuis l’automne dernier et nous avons pu en bénéficier lors de la fonte des neiges au printemps; composé de géotextile et de gravelle, il récolte les eaux provenant de la section G (assise rocheuse)

Zone K. Jardin de graminées : à l’entrée principale, pour ajouter de la verdure.
Zone L : Potager : Design d’accessibilité universelle pour personnes à mobilité réduite: potager de cuisine, plantes comestibles, médicinales, aromatiques, table de propagation (boutures, semis) arrosé par nos barils de pluie.

Finalement, le plan a été soumis à Benjamin Zizi, notre évaluateur écologique LEED Habitations chez Écohabitation pour soumettre notre dossier LEEDv4. Il fut, non seulement impressionné par notre application des concepts de permaculture, du jardin xérophile et de la forêt nourricière, mais aussi par Charlevoix et son bleu polymorphe entre mer et montagne. Au cours des prochaines semaines, je vous ferai visiter les zones de notre aménagement extérieur, même mon jardin secret.

Malgré la rigidité des normes pour obtenir la certification LEEDv4  au volet de l'aménagement paysager, c'est ce volet qui me donne une de mes plus grandes satisfactions de construire écolo. La raison est simple. Je touche la nature directement et elle vient me chercher. C'est une belle symbiose, un harmonie naturel qui fait partie des mystères de la vie. Où je ne voyais qu'un dur labeur, je vois maintenant un projet de retraite très sain, très simple, au rythme des saisons de la nature et de notre vie. 





 

 

 

mardi 25 juillet 2017

Martin Girard: au-delà du design

Ce n’est pas par hasard que ce blogue anecdotique ait suivi plusieurs matières du design écologique et soutenable. Cette trajectoire m’a permis de rencontrer des individus qui ont enrichi mon parcours parce qu’ils me portaient au bout d’une réflexion novatrice sur le design. Les acteurs principaux partageaient un lien commun : une passion axée sur la créativité à l’affut des changements sociaux et environnementaux au-delà des tendances anodines. Dans cette optique, Martin Girard, designer d’intérieur, se démarque des autres. J’admire beaucoup les gens qui expriment leur créativité avec un certain doigté parfois discret, parfois avec verve. Lorsqu’on rencontre Martin Girard, l’on se rend compte que cet homme d'affaires trouve le juste milieu. C’est pour ces raisons que je vous en parle, car il nous a impressionnés. 
 
 Martin Girard possède un bagage important en design. Jadis, il était designer de mode et côtoyait Jean-Claude Poitras et Simon Chang, les doyens dont la griffe a influencé la haute couture canadienne. Impliqué dans sa communauté, il a aussi créé les robes des duchesses pour le Carnaval de Québec. Plusieurs de ses collections selon les règles de l’art ont connu son impact qu’elle soit pour la clientèle privée ou corporative. Ayant un pied-à-terre à Baie-Saint-Paul, il fit le saut pour ouvrir son magasin de
design intérieur et au fil des années, son entreprise prit de l’ampleur nécessitant l’ouverture du magasin actuel au cœur d’une des villes touristiques les plus populaires au Québec. Il est sollicité pour plusieurs projets d’envergure tels le projet de résidences Les Bâtisseurs, Le Manoir de Sully, L’Auberge de la Muse, l’Auberge des Falaises et j’en passe. Ce designer laisse sa signature sur plusieurs grandes propriétés, mais il est plus que cela. C’est un fils de Baie-Saint-Paul et il est proche de sa communauté. Il a vécu des moments privilégiés avec les grands de notre région nommément l’artiste-peintre Bruno Côté avec qui il partageait non seulement une grande amitié, mais un respect pour leurs arts respectifs.

Martin Girard possède un sens intuitif qui lui sert bien. Il sait lire les gens. Au-delà des connaissances techniques et légales qu’il doit posséder, c’est un psychologue quand vient le temps de transiger avec ses clients. C’est plus qu’instinctif. Son expérience détecte la personnalité de son client pour connaitre le style de ce dernier qu’il soit classique, moderne, contemporain ou minimaliste. Selon Martin Girard, le design doit être intemporel ainsi qu'un bon investissement. Dans le cadre d’une conversation avec le client, il peut déceler les désirs de son interlocuteur ce qui n’est pas une mince affaire. Parfois le client sait ce qu’il ne veut pas et a de la difficulté à exprimer ce qu’il convoite.  Il discute des avantages de certains design ainsi que l’autre côté de la médaille croyant fermement dans la transparence. Il faut dire la vérité, suggérer et ne pas imposer. Lorsque les conjoints ne sont pas d’accord, il écoute et suggère des compromis. Un caveat qu’il adresse souvent aux clients est le dosage des éléments décoratifs. Trop, c’est trop. Le design intérieur porte le nom de son créateur et véhicule un message. Il doit être mûri avec une attention particulière à la qualité de vie du client. Cette approche holistique confirme notre conviction d’avoir fait de bons choix par le simple plaisir de vivre dans un environnement sain à notre image où priment la beauté et le bien-être. 

Martin Girard et Alexandra Simard
Chef d’entreprise,  Martin Girard assure à sa clientèle un service impeccable à la fine pointe de tout ce qu’il peut y avoir. Le contrôle est primordial pour maintenir la crédibilité de son entreprise. Son assistante Alexandra Simard, designer d’intérieur, lui prête main-forte dans un commerce en expansion. Alexandra démontre un professionnalisme rafraichissant. On ne demeure pas indifférent devant son énergie positive, sa capacité d’écoute et un réel désir d’assurer que le client sera heureux dans ses choix. Elle s’anime tous les jours en cherchant à se dépasser dans le design. Ce qu’elle aime le mieux est de développer un concept de design à partir du client pour créer un lien. Voir le client heureux est le produit final qu’elle recherche, en plus de pouvoir régler des situations parfois problématiques avec les fournisseurs ou les installateurs. Alexandra est excellente en communication, car elle est attentive et donne l’heure juste tout au long du processus. C’est un acolyte par excellence pour Martin Girard et pour le client. J’ai beaucoup apprécié sa collaboration lors de nos démarches.

Quelqu’un a déjà dit que l’imagination est le commencement de la création. On imagine ce que l’on désire, on veut ce que l’on imagine et finalement on crée ce que l’on veut. C’est ce qui nous épanouit et nous rend heureux. J’aimerais bien jeter un coup d’œil dans le monde de l’imagination de ce designer passionné. Je suis persuadée que dans l’univers de Martin Girard, il y a de la beauté intemporelle, de la sérénité et surtout un regard sincère sur ce qui rend les gens heureux. On le voit par son empreinte sur notre communauté et ailleurs. Au fond, Martin Girard est plus qu’un designer, c’est un bâtisseur de communauté qui démontre un respect sincère pour les gens qui l’habitent, pour l’environnement de ce riche patrimoine naturel qu’est Charlevoix et nous en sommes reconnaissants.

Martin Girard : la passion du design

14 rue Leclerc, au cœur de Baie-Saint-Paul
Professionnalisme. Intégrité. Innovation. Transparence. Tout cela accompagné d’une capacité d’écoute pour le client. Voilà ce qui explique la passion de Martin Girard designer professionnel de Baie-Saint-Paul dont la carrière connait une trajectoire hors du commun.

J’ai rencontré Martin Girard quand vint le temps de faire l'achat de nos revêtements de plancher. En poursuivant notre stratégie d'acheter localement, je devais trouver un revêtement selon la norme FSC assurant sa provenance d'une foret et d'une chaine d'approvisionnement gérés selon une responsabilité sociale et environnementale. La céramique devait avoir un contenu recyclé d'au moins 40%. J’avais souvent admiré les vitrines chez Martin Girard. Elles confèrent un message au-delà du marketing habituel en nous donnant un clin d’œil sur la vision de ce maître-designer. Tout est choisi avec un goût impeccable qui devance les tendances du jour avec une élégance discrète intemporelle. L’œil est convié au-delà de l’esthétique. C’est un beau karma, non seulement pour l’accueil chaleureux de son personnel attentionné, mais aussi pour l’ambiance sereine avec sa luminosité, ses couleurs, ses textures et ses parfums envoutants. C’est ce que je recherchais : un style intemporel holistique qui s’adapte à mes besoins de bien-être personnel en plus de satisfaire les exigences de LEEDv4.   

Rencontrer un nouveau partenaire dans un projet d’autoconstruction n’est pas une mince affaire, car je me prépare à expliquer LEEDv4, nos besoins personnels, notre vision et nos attentes selon notre chantier écologique. C’est un scénario exaspérant. Ce ne fut pas le cas avec ce consultant en chef et directeur de projets d'envergure, privés, publics ou corporatifs. Voilà les différences importantes entre un designer et un décorateur d’intérieur. Le designer intègre les éléments de l’esthétique et la science, les tendances économiques, les règlements ainsi que les codes environnementaux et énergétiques. Il gère le processus avec une planification stratégique flexible allant des spécifications de l’architecte jusqu’aux sous-traitants et artisans pour la finition. Ce qui démarque Martin Girard dans Charlevoix et ailleurs dans la province est le lien de confiance que les chantiers lui accordent à cause de ses compétences multidisciplinaires. Ceci était des plus évidents quand Martin a visité personnellement notre chantier. Je venais donc de trouver l’expert-conseil tant recherché.  

Sensible à mon expérience avec l’architecte et les ingénieurs, j’étais prête à écouter ses idées. Je n’avais pas de concepts préconçus pour le choix des revêtements, car je craignais être limitée par les exigences LEEDv4. Aussi, je voulais sincèrement sortir de ma zone de confort au niveau des choix d’essence de bois. La céramique m’inquiétait moins. Je cherchais un motif simili béton, mais le bois franc était autre chose. Dans mes maisons précédentes, mon choix s’était arrêté au merisier pâle très lustré dans les tons Amaretto. Pour notre maison de campagne de style moderne, je cherchais une essence qui fusionnerait avec les autres essences utilisées dans notre décor. Nous voulions un plancher moins lustré aux lattes plus larges avec un look champêtre loin du rustique. Une autre exigence : facilité d’entretien et durabilité surtout à cause du soleil provenant de la fenestration dominante dans les pièces. Après avoir consulté les plans de la maison et visité le chantier, Martin suggéra les planchers en bois de la marque Mercier. Ce fabricant est certifié pour la chaine de traçabilité et le bois contrôlé selon la norme FSC, Forest Stewardship Council, donc conforme aux exigences LEEDv4.

Notre plancher FSC par Mercier en Hickory, noyer blanc
Pour l’essence, Martin Girard me conseilla l'Hickory, un noyer blanc.  Je dois avouer qu'au début, l’échantillon n’était pas convaincant. Voyant mon hésitation, il me montra la revue Dwell dans laquelle il avait réalisé le design intérieur d’une maison où il avait utilisé le noyer blanc. En regardant les photos dans la revue, je constatais que le noyer blanc ajoutait la couleur chaleureuse et le cachet champêtre que je recherchais. Si cette décision avait été de mon propre cru, je serais demeurée dans ma zone de confort et j’aurais opté encore une fois pour le merisier lustré aux lattes étroites et j’aurais été déçue des résultats. Le plancher est un facteur wow quand nous entrons dans
Notre escalier qui descend au rez-de-jardin
la maison. Nos visiteurs s’enquièrent au sujet de l’essence de nos planchers hors de l’ordinaire. Le panaché de couleurs fusionne bien avec nos fenêtres autrichiennes qui sont de mélèze pâle. Les marches de l’escalier en noyer blanc ont été réalisées par Mario Perron, artisan et ébéniste de Saint-Hilarion. Les rampes sont de verre 10mm sans main courante sur le verre. Une main courante en acier inoxydable avec une bande d'éclairage DEL longe le mur en émettant une lueur discrète pour illuminer l'escalier et valoriser le noyer blanc. 



Le Studio C : une expérience multimédia pour faire nos choix
Pour choisir la céramique au contenu recyclé,  Martin me dirigea dans une autre section de son magasin, un studio interactif avec une approche multimédia. La salle d’exposition est impressionnante avec une vaste sélection d’échantillons. Martin avait préparé tous les échantillons écologiques au contenu recyclé pour faciliter mon choix. C’est la transparence que je recherchais au niveau de la composition de matières recyclées dans la céramique utilisée dans la cuisine, les salles de bain, la salle d’eau et la buanderie. Encore une fois, Martin a su diriger mon choix vers une élégance discrète de premier ordre tout en répondant aux normes LEEDv4.

Lors des visites subséquentes, j’ai eu le grand plaisir de travailler avec Alexandra Simard, Designer Assistante, pour déterminer les quantités de matériel. Cette jeune designer se démarque par ses connaissances et son entregent avec les clients de la maison. Le choix des matériaux exigeait des preuves à l’appui pour consolider les exigences LEEDv4 car tout doit être documenté. Alexandra a recensé toute la documentation pertinente à cet effet auprès des manufacturiers, commandé la marchandise, coordonné la livraison et répondu à toutes mes questions. On ne peut pas demander mieux car je me sentais bien accompagnée pendant tout le processus.
Un nouveau regard sur le design d'intérieur responsable
Cette expérience m'a fait repenser le design de nos intérieurs en m'invitant  à explorer des concepts novateurs incorporants des matières nobles et écologiques. J'étais aux premières loges pour découvrir le design intelligent et comprendre que l’esthétique intemporelle est un bon investissement. De l’idéation initiale à la touche finale, Martin Girard est plus qu’un marchand de rêves. C’est un passionné chevronné du design, un créateur sensible qui contribue au style de vie que nous convoitons. Pour en connaitre plus au sujet de ce designer, je vous invite à lire le prochain billet qui lui est entièrement dédié.

lundi 3 juillet 2017

L'espace au-dessus de nos têtes

Voute de la Chambre de la Signature au Vatican
Loin d’être une contrainte de l’architecture, nous avons tous, à travers le temps, été inspirés par un plafond. Des œuvres spectaculaires comme les voutes antiques ont fait d’importantes contributions à la peinture monumentale. Nous n’avons qu’à penser à la Voute de la Chambre de la Signature au Vatican par Sodoma et Raphael (1509-11) où a lieu le Saint-Siège, le tribunal du Pape. Les canons de l’art se succèdent avec la Chambre des époux de Mantegna avec sa peinture scénographique plus humaniste. Chagal avec le plafond de l’Opéra Garnier de Paris, un monde onirique libéré sous un pinceau teinté d’une esthétique lyrique. Michel-Ange et la Chapel Sixtine, une des plus grandes
Plafond de l'Opéra Garnier de Paris par Chagal
méditations chrétiennes. George Braque, avec le choc de l’inspiration dans la salle étrusque du Louvre, et j’en passe. Un vieil adage nous répète que si les murs pouvaient parler, mais les plafonds ont leur propre discours en architecture et dans l’imaginaire. Si certains ont veillé sur des moments historiques, d’autres ont marqué des moments plus personnels. Je pense au plafond dans les salles d’attente où l’on compte les tuiles pour passer le temps et pendant certaines homélies de mon enfance, quand je me perdais dans le plafond de mon église pour me distraire.


Les plafonds ont leur propre charme séducteur. Les plafonds à la française m’ont toujours
Plafond à la française
impressionné avec leurs poutres apparentes évoquant un certain romantisme d’antan.  Les plafonds à caissons avec leurs compartiments creux connaissent un renouveau dans les tendances du jour. Le plafond suspendu ou faux plafond est reconnu pour ses propriétés acoustiques internes pour les pièces. Finalement, le plafond tendu, une toile dérivée du PVC en vinyle souple extensible se prête bien aux décors modernes minimalistes.

Salle de séjour côté cuisine

Quand vint le temps pour les plafonds de notre maison, il fallait, rigueur exige, une application à la fois esthétique et écologique. Pour le rez-de-chaussée, avec sa salle de séjour en voute de 18 pieds de haut, nous avions envisagé d'utiliser du bois récupéré de la rivière des Outaouais. Cependant, avec le pin clair des boiseries, le noyer blanc du plancher, et le merisier clair des fenêtres, nous ne voulions pas une cacophonie d’essences de bois.  L’importance du plafond était omniprésente surtout pour la luminosité, le jeu de la lumière venant des trois chiens-assis, nos lucarnes géantes, et la fenestration imposante donnant sur le fleuve. Nous avons donc opté pour du gypse avec une poutre en pin clair dans le centre pour accommoder le filage des plafonniers puisque nous ne voulions pas percer la membrane intelligente du plafond.



Plafond Ultima et suspension Prélude
Pour le rez-de-jardin, nous avons opté pour un plafond suspendu. Détrompez-vous, certains d’entre vous froncent les sourcils, car ils songent aux plafonds suspendus institutionnels ou commerciaux, ou même, ceux que leurs parents avaient mis dans les salles de jeux dans les années 60 et 70. Nous voulions un contrôle sur l’acoustique, avoir accès aux filages et aux tuyaux qui sillonnent le plafond sans pour autant sacrifier le design que nous anticipions pour certaines pièces du sous-sol nommément, la 2e salle de séjour, deux chambres à coucher et mon studio d’écriture et de peinture. Le prix du matériel et de l’installation pour le gypse et le plafond suspendu est sensiblement équivalent. 

Fernand Babin, représentant technique DSF Ltée 
C’est en visitant Distribution Sainte-Foy que nous avons eu la bonne fortune de rencontrer le représentant technique Fernand Babin, qui nous a expliqué les tuiles acoustiques Armstrong. Ce ne sont pas les tuiles de notre enfance. Je dois avouer que de prime abord, je n’avais pas accordé beaucoup d’importance au plafond suspendu, car je le voyais comme vieux jeu. C’est en visitant le Centre de la Distribution Sainte-Foy que j'ai découvert les nouveaux designs flexibles et innovants d'un système que je croyais désuet. Ce que je venais de découvrir m'indiquait le niveau d’engagement de la compagnie Armstrong pour un produit écolo et soutenable. Dès le début de notre rencontre, Fernand Babin a démontré un vif intérêt dans notre projet LEEDv4. Nous ne partions pas à zéro avec un néophyte. M Babin nous a expliqué comment les tuiles innovantes d’Armstrong seraient en mesure de nous aider à obtenir des crédits LEEDv4 pour les matériaux en démontrant la transparence écologique du produit. Armstrong est un leader dans l’approche holistique ciblant la santé des occupants au-delà des tendances et des motivations vertes du marché. Il nous a  également démontré comment les nouvelles lignes directrices dans la fabrication de produits écolos soutenables rencontraient les lignes directrices gouvernementales sur l’énergie et l’environnement, en plus des codes de bâtiment.

Nous étions rassurés, car nous avions un professionnel qui avait toute l’information en main et de plus, nous guidait dans l’acquisition des crédits LEEDv4. Monsieur Babin, avec son bagage de connaissance, nous a démontré comment l’industrie est sensibilisée sur l’importance de la transparence de la composition des matériaux et l’optimisation des produits.  Il a su répondre à toutes nos questions, nous guider dans nos choix et de plus, offrir un service impeccable.  Notre choix s’est arrêté sur la tuile Ultima et la suspension Prélude.  Nos ouvriers ont installé le plafond et ont commenté sur la qualité du produit et la facilité d’installation.
S’il y a une leçon que nous avons bien saisie pendant notre aventure dans l’autoconstruction, c’est que l’innovation est cette incroyable intersection entre l’imagination et la réalité. Nous voulons vivre dans une maison écolo. Nos démarches nous ont amenés sur plusieurs pistes, mais je n’aurais pas pensé qu’un produit comme un plafond suspendu que je trouvais si banal à cause des souvenirs des salles de jeux de mon enfance m’aurait donné une satisfaction personnelle aussi grande. Dans notre cas, innover n’était pas avoir une nouvelle idée, mais plutôt de cesser d’avoir une vieille idée sur un produit dont nous ignorions les pratiques innovantes.  L’innovation aussi  c’est la passion d’un homme convaincu par son produit comme Fernand Babin, qui crée une alliance entre  son produit novateur et les exigences de ses clients.

Le respect de l’environnement dépend d’un grand nombre de changements comportementaux : celui des fabricants et surtout des consommateurs. Lorsque le consommateur averti transmet un message clair et précis qu’il n’achètera pas de produit sans avoir un engagement soutenable et visible misant la protection de l’environnement de la part des commerçants et des fabricants, c’est une bonne partie de la bataille gagnée.  Lorsque le commerçant et le fabricant présentent une transparence rassurante dans leurs pratiques soutenables innovantes, c’est plus que gagner la partie, c’est un partenariat authentique où tous les acteurs jouent un rôle en harmonie avec leurs valeurs et leurs pratiques. Au fond c’est cela l’harmonie. C'est lorsque nos choix reflètent nos espoirs et non nos peurs tout en gardant dans notre mire, que l'harmonie n’est jamais donnée, elle doit être indéfiniment conquise.