mercredi 8 février 2017

Quand la créativité devient certitude.



On a l’impression parfois que la créativité c’est l’intelligence qui s’amuse, qu’elle nous donne la clé des champs. Ensuite, il y a la curiosité qui a sa propre raison d’exister. On ne peut pas la forcer, on ne peut que l’éveiller. Les gens qui possèdent ces qualités sont passionnément curieux et nourris d’énergie exploratrice insatiable. Serge Perron, président de Gérard Perron et fils, en partenariat avec Béton Provincial, est un homme qui prend volontiers des risques avec son imagination. Si sa créativité et son sens de l’invention l’autorisent à l’expérimentation, les règles de l'art lui permettent de s’exprimer au-delà des pratiques quotidiennes de son secteur d’expertise.  Comme on dirait dans le métier, c'est coulé dans le béton. Serge Perron est non seulement l’héritier de ce talent de père en fils, mais aussi celui qui lèguera sa vision à ses enfants. Pour ce qu’il y en est de la communauté immédiate de Baie-Saint-Paul ainsi que le Québec, nous avons tout à gagner.
Serge Perron (Journal Le Charlevoisien)
Nous avons rencontré Serge Perron lorsqu’est venu le temps de trouver du béton recyclé pour fabriquer la fondation de notre maison selon les normes LEED v4. Les normes sont très spécifiques. Pour obtenir le plus grand nombre de points menant à la certification en ce qui a trait au béton, nous devons examiner plusieurs critères allant de l'aménagement écologique de notre chantier jusqu'à optimiser la performance énergétique du béton comme masse thermique. La question plus épineuse pour nous était la réutilisation du béton ou le béton recyclé. Nous voulions avoir 30% de béton recyclé dans notre fondation et les planchers. Le hic pour le béton recyclé est sa provenance qui est parfois difficile à cerner. Au risque de s'exposer à ce facteur négatif comme par exemple le pyrite qu'il pourrait contenir, nous avons décider de passer sur le béton recyclé. Nous avons choisi Béton Provincial parce qu'ils ont une certification que leur carrière locale ne contient pas de pyrite.

LEED v4 demande également que les granulats pour le béton soient extraits et distribués dans un rayon de 160 km du site du terrain à bâtir. Le béton doit contenir au moins 30 % d’ajouts cimentaires et 50 % de granulat recyclé ou 90 % de granulat recyclé. La dalle sur le sol doit être en béton lissé poli. Pour le béton extérieur, les trottoirs et la terrasse doivent être de béton de couleur pâle comme le blanc ou le gris pour réduire les îlots de chaleur par la réflectivité solaire. Il en demeure que malgré ces consignes, les entrepreneurs doivent nous conseiller en fonction du projet pour le type de béton, les proportions d’ajouts cimentaires et les adjuvants. Il était donc impossible en région d'obtenir tous les crédits possibles LEEDv4 pour l'utilisation du béton. Il faudrait trouver les points manquant ailleurs dans une autre catégorie.



Chanvre et chaux
À travers nos rencontres dans le réseautage amical et professionnel, les partages à ce niveau ont été enrichissants car ils nous ont initiés à des pratiques novatrices qui parfois allaient puiser leurs techniques chez nos ancêtres. On le voit surtout dans les pratiques d'ajouts comme le chanvre et la paille. Les bétons dits écologiques sur le marché sont encore au niveau embryonnaire. Le béton de chanvre qui est un mélange de chanvre broyé et tamisé est lié avec de la chaux pour construire des murs hors terre. C’est un concept fort intéressant, car la chaux agit comme une masse thermique permettant d’accumuler la chaleur pour la diffuser à l’intérieur. Une autre option écologique est le béton ternaire plus résistant, imperméable et durable, qui est constitué de rebuts post-industriels comme les cendres, la fumée de silice. Il est aussi plus dispendieux et pas toujours disponible. Ces types de bétons n’étaient pas pour nous. Une des raisons, surtout pour le chanvre, était la difficulté de l'obtenir. Nous ne sommes pas encore au niveau où il peut être produit localement. Nous avons donc regardé ailleurs. Pour nous, le béton était la solution. 
Le commun des mortels ignore ce qu’est le béton. Pourtant, dans l’architecture moderne, c’est une matière noble. Il y a eu une période au début de la construction contemporaine où le béton avait un aspect sobre et parfois peu attrayant. On trouvait ces structures moins organiques, moins chaleureuses. Le béton a vu une transformation comme matériaux décoratif surtout au niveau de la création d'ambiance. On a qu'à penser à l'effet de l'éclairage pour faire ressortir les textures du béton dans les grandes surfaces. C'est un look à la fois minimaliste et feutré, non seulement dans l'intérêt du design, mais aussi pour les solutions techniques avancées. Nous avons découvert la surprenante beauté du béton et pourtant, nous ignorons sa composition.

Le béton est composé de granulats (60 à 80 %), de sable, de ciment (7 à 15 %), de l’eau (14 à 21 %), de l’air et des adjuvants chimiques (5 à 6 %).  L’eau doit être potable, sans impuretés ou odeur. Le ciment, ce qui lie le béton, est une poudre très fine mélangée aux granulats et durcie au contact avec l’eau. Le ciment est une pierre calcaire broyée (75 %) et d’argile (25 %). Le cru est cuit dans un four à 1450 degrés Celsius pour créer une roche artificielle qu’on appelle clinker. On le refroidit rapidement et on le broie pour le mélanger avec du gypse, du calcaire et des ajouts cimentaires. Il atteint sa résistance à 90 % après 28 jours. Le hic, c’est que pour produire une tonne de clinker, on dégage 500 kg de CO2. C’est ici que les écolos chevronnés débarquent si l’on réalise que le béton est la substance la plus utilisée au monde après l’eau. Donc comment peut-il être écolo?

Si l’on regarde le cycle de vie du béton, il est un produit du recyclage du début à la fin et composé de plusieurs sous-produits industriels qui seraient dans les sites d’enfouissement. On les utilise dans les fours à ciment ou dans les formules de béton. Le béton est recyclable. C’est qu’il faut de l’innovation pour réduire le bilan carbonique du béton. Malgré tous les renseignements et une connaissance sommaire acquise lors de nos formations, il fallait parler à un expert pour nous donner l’heure juste.


Serge Perron à la console de sa salle de dosage
Serge Perron est l’expert-conseil qu’il faut consulter, fort d’une entreprise familiale qui existe depuis plus de 75 ans et dont il assure la pérennité. Installé dans la salle de dosage où le système informatique qu’il a créé a doublé la production ainsi que l’efficacité, il ressemble à un ingénieur aux contrôles de la NASA. En l’observant dans ses manœuvres, je me suis dit qu’il était un genre de Leonard de Vinci au talent pluridisciplinaire. Je n’étais pas surprise lorsqu’il a avoué son côté artistique, non seulement dans le design architectural, mais comme musicien et spécialiste dans la sonorisation. Ce visionnaire dans la construction sourit humblement en disant qu’il adore le béton en expliquant les réactions chimiques que nous tenons pour acquises. Il nous fait comprendre rapidement comment le béton est très malléable et en symbiose avec d’autres matériaux comme l’acier. C’est une matière noble qui résiste aux agressions du temps. Son plus grand souhait est que les entrepreneurs ouvrent l’esprit aux nouvelles méthodes de construction. On peut tout faire avec du béton et respecter l’environnement en plus d’innover sur le plan énergétique. La nécessité est la mère de l’invention. Serge Perron aime plaisanter humblement en disant que la pauvreté rend vaillant. Après avoir rencontré cet entrepreneur, j’ai longuement réfléchi à notre rencontre persuadée que cet individu devrait écrire un livre pour initier le grand public à sa vision, ou du moins il devrait enseigner pour partager sa science et son expérience.

Pour ce qu’il y en est de notre utilisation pour le béton, les camions de Béton Provincial se sont dirigés vers notre chantier et c’est à ce moment que tout est devenu concret. On voyait finalement l’empreinte de la maison. C’était le début d’une nouvelle étape dans la construction de notre maison écologique et comme la vision de Serge Perron, le meilleur est à venir.  



lundi 9 janvier 2017

Le zen des pommiers


La créativité dérange. À mon grand chagrin, je souffre parfois du syndrome d’Icare. J’ai une tendance de voltiger vers la lumière de la pensée abstraite avant de prendre une simple décision. Mon côté cartésien, aussi minime qu’il soit, parvient parfois à se dresser la tête pour me dire qu’avant que je puisse mesurer un impact, que tout est une probabilité. La mécanique quantique est plus directe. Les choses sont ou elles ne sont pas. Le post-modernisme dicte que tout est une construction sociale. Ensuite, il y a la notion bouddhiste, celle de vacuité, que les choses n’ont pas de valeur intrinsèque et que leur existence dépend de l’observateur. Je cède donc à mon instinct et je consulte mes pommiers comme on écoute la mer dans une conque. C’est le zen des pommiers qui me guide sur l'impact de ma présence dans la nature.

C’est vachement simple. Je suis une nouvelle adepte de la sagesse tranquille des vaches et des brebis du coin de mon pays dans Charlevoix. Ce sont eux qui décident où poussent les arbres fruitiers, ces pommiers rustiques avec leurs formes tourmentées sculptées par le vent du large venant du fleuve. Mes voisins, qui connaissent l’histoire de ma propriété avant mon arrivée, me racontent que c’était jadis un pâturage où les vaches et les
brebis se régalaient des fruits abondants des pommiers sauvages. Les graines de pommes digérées étaient évacuées de façon aléatoire dans un médium parfait. Conséquemment, il y a des pommiers de toute sorte qui croissent depuis plus de 50 ans sur notre terrain. Au cours des trois dernières années, nous avons appris à les connaitre comme s’ils avaient tous une personnalité distincte. Nous nous sommes rapprochés de la nature en travaillant avec nos pommiers.

Notre terrain avant le grand dérangement.
En automne vint le grand dérangement. Notre projet de construction implique l’implantation de la maison, de la fosse septique et du champ d’épuration assignés par l’arpenteur géomètre. À mon grand désarroi, il a fallu sacrifier quelques arbres. Nous n’avions pas le choix. Pour les survivants, nous les soignons en recensant leur population. Nous sommes impressionnés de voir comment certains ont survécu au temps. Voilà donc notre nouvelle courbe d’apprentissage, celle dictée par la sagesse bovine et ovine qui nous a fait découvrir le zen des pommiers.
Le début de la construction.
Cet éveil a été confirmé lorsque les pelles mécaniques sont arrivées pour faire l’excavation. Ayant déjà vécu dans un milieu urbain, je connaissais la valeur d’un arbre dans les nouveaux lotissements domiciliaires où le promoteur avait abattu tous les arbres, pour planter des chicots. Les oiseaux ont pris deux ans à revenir. Tragique n’est pas le mot pour le décrire. Désolant et malsain seraient mieux. Donc, cet éveil était au-delà d’une simple volonté et elle se conjuguait bien avec notre but de construire une maison écologique en suivant les normes de LEED v4. Il était évident que le côté écolo de la gestion du chantier ainsi que l’aménagement final étaient des valeurs sures.
Nous avons passé beaucoup de temps sur les plans de la maison pour qu’elle fasse partie de son environnement naturel. Il fallait maintenant penser au terrain. Les premiers jets sur papier révèlent des jardins en forme de mandala avec des sections d’herbes médicinales, aromatiques et d’un potager de cuisine. Nous songeons également à la permaculture, hugelkulture et xéropaysagisme. Nous n’avons pas de tondeuse. Un entrepreneur en paysagisme fermait son commerce et nous avons acheté ses tables, donc le potager sera surélevé et à notre portée. Les autres secteurs du terrain se voient plus voués à la culture des arbres fruitiers comme les poiriers et les pruniers, pour ne pas oublier les bleuetiers. Les framboisiers poussent en abondance, mais ont besoin d’être apprivoisés. Il faut aussi voir à une coupe sélective pour contrôler les aulnes qui étouffent les conifères et les bouleaux. Nous voulons intégrer encore plus de sapins baumiers et des mélèzes. Finalement, je veux avoir un petit espace pour écrire et méditer dans un jardin secret.

Les exigences de LEED v4 pour l’aménagement écologique du site demandent un plan de gestion pour les composants naturels du site afin de minimiser l’impact environnemental. Ceci se fait en réduisant l’utilisation de produits chimiques, en évitant de gaspiller l’énergie et l’eau, en ne polluant pas l’air et en contrôlant la quantité de déchets solides. Le contrôle de l’érosion et des sédiments rentrent en ligne de compte pour l’aménagement paysager. Les consignes sont sévères. Il faut réacheminer un minimum de 95% des déchets paysagers à l’aide de déchiquetage, du compostage et fournir une zone de collecte des déchets paysagers. Il faut réduire l’utilisation d’équipement motorisé, améliorer le contrôle des eaux pluviales, prendre des mesures antiparasitaires, créer un habitat naturel pour la faune, retirer les plantes envahissantes et protéger les zones naturelles.  Afin de réduire les besoins en matière de climatisation et de chauffage, un choix judicieux de plantes s'impose. Le mot clé revient à la biodiversité en conservant les habitats naturels existants et en restaurant les habitats endommagés. Ce n’est pas une mince affaire, car tout doit être mesuré et documenté. Pour ce faire, nous avons embauché la compagnie AIM Éco-Centre de St-Augustin de Desmaures pour le transport et la disposition des matériaux secs ainsi que les métaux ferreux et non-ferreux. Cette entreprise possède un centre de tri de haute technologie, une très grande qualité des produits recyclés et de l’expérience dans la norme LEED. Le Centre nous accompagne dans notre démarche écologique en assurant le maximum de produits valorisés en matière recyclée. Même si notre première stratégie est de détourner les déchets du site d’enfouissement par le recyclage, la réutilisation ou donation pour réutilisation et le broyage du bois comme paillis, nous devons maintenir une pratique exemplaire, car l’évaluateur écologique pour la certification fera une vérification des documents du calcul du taux de détournement basé sur le poids ou le volume. En ce moment, c’est mon dossier. Mon bureau est le conteneur où je veille religieusement pour faire le tri en préparation de mon jardin. Conséquemment, après trois mois de construction, le conteneur est presque vide.

Pour être à l’affut des pratiques écologiques locales et des particularités de sa zone de rusticité, nous sommes membres de la Société d’horticulture et d’écologie de Charlevoix où, par le biais de conférences et d’activités, nous recevons une formation  par des experts-conseillers. En réseautant avec les membres, nous avons reçu de précieux conseils quant au matériel de construction qui peut être revalorisé dans l’aménagement paysager.
C’est un lien privilégié de vivre en campagne sur le bord du fleuve Saint-Laurent. Tout comme les pommiers qui sont arrivés avant nous, nous puisons notre énergie tellurique pour nous enraciner instinctivement dans la nature. Il ne faut pas déranger ce qui est arrivé avant nous. Les deux pieds dans la terre, le regard vers le ciel, nous faisons comme les pommiers et c’est rassurant. La protection de l’environnement est un acte spirituel et conscient. Nous sommes tous soumis aux lois de la nature. En suivant la sagesse des pommiers avec leur approche zen, nous avons trouvé notre place sur le bord du fleuve à Saint-Irénée.

 

jeudi 24 novembre 2016

La sourcière qui voulait être verte



C’est dans son sang, avait prononcé solennellement ma grand-mère paternelle en me regardant 
marcher de long en large dans le champ, avec mes deux baguettes de métal qui se croisaient de temps en temps le long de mon parcours délibéré. Lorsqu’elles faisaient un x parfait, mon oncle plantait un piquet pour suivre la veine d’eau. J’avais environ 13 ans et j’étais émerveillée d'avoir ce pouvoir mystique. Moi, la sourcière. Il faut dire que je ne le prenais pas trop au sérieux. Pour moi c’était un jeu. À la fin de l’exercice, mon oncle annonçait avec sa voix de stentor l'endroit où il fallait creuser le puits. Le puisatier trouvait de l’eau à la grande satisfaction de ma famille exactement à l’endroit où j’avais indiqué et l’eau était bonne.

Tout cela est de l’histoire ancienne. Très ancienne. J’avoue que je me suis amusée à jouer la sourcière et à refaire l’exercice sur notre terrain à Saint-Irénée où j’ai trouvé deux veines d’eau ainsi que la bouteille de champagne que nous avions cachée pour déguster à un moment donné. Cependant, comme nous étions désormais au diapason avec les technologies émergentes dans le domaine de la construction écoresponsable, j’ai rangé mes baguettes et après quelques recherches, nous avons appelé le puisatier qui nous avait été recommandé par notre plombier.
Notre maison est sise sur le roc en plein astroblème de Charlevoix, un ancien cratère d’impact météoritique. Nous étions un peu inquiets pour le forage. Nous voulions un puits artésien pour atteindre la nappe phréatique profonde puisque l’eau est plus filtrée et protégée par la couche imperméable. Il y a moins de risques de contamination bactérienne et chimique ou que le puits tarisse. Nous avons une surface rocailleuse et la nappe est profonde. Le puits devait avoir un tuyau d’aspiration protégé par un tubage pour assurer l’étanchéité. Le diamètre du tuyau est plus petit que celui d’un puits de surface ce qui permet un scellement quasi parfait. Nous cherchions aussi à avoir un débit qui nous donnerait 60 psi et gérer le chantier selon les consignes de LEED v4. Notre plombier nous a recommandé les Forages Denis Proulx, une compagnie reconnue pour ses compétences solides et l’utilisation de la technologie de pointe. Donc, quand vint le temps de creuser le puits, je n’ai pas offert de sortir mes baguettes.
Cette compagnie de Montmagny, qui dessert les deux côtés de la rive du fleuve, est une histoire de générations. Comme ma grand-mère dirait, c’est dans leur sang. Le patriarche, Denis Proulx, fondateur de la compagnie, son fils André, et le petit-fils de Denis qui porte le même nom en honneur de son grand-père, forment une équipe efficace et comme on dirait d’une famille unie, ils sont tricotés serrés. L’assurance professionnelle du patriarche se communique de père en fils. C’est l’expérience qui prime et la technologie ensuite.

Il faut avouer que c’est impressionnant de voir le forage d’un puits. L’équipement de fine pointe permet de forer un puits selon les recommandations de l’arpenteur-géomètre. On ne cherche plus les veines d’eau. On creuse jusqu’à ce que l’on trouve l’eau dans une nappe profonde.
Quand les puisatiers ont installé l’équipement et que le forage a débuté, pour les néophytes comme nous, on ne faisait que regarder les produits du creusage se déferler hors du tuyau. Sous la supervision vigilante de Denis, son petit-fils dirigeait le forage avec aplomb. Nous avons atteint l’eau à 250 pieds. Nous étions émerveillés de voir l’eau sortir du tuyau à 600 gallons à l’heure. En forant la couche de terre imperméable pour atteindre une autre couche qui reçoit l’eau de plus haut, une pression est exercée et force l’eau è s’écouler vers le haut. La pression artésienne est réglée pour conserver l’eau. Il y a des règlements sur les puits d’eau, ainsi que son assainissement. Les règlements sur le captage des eaux souterraines proviennent de la Loi sur la qualité de l’environnement pour protéger les eaux souterraines destinées à la consommation humaine.
L’eau potable est une ressource naturelle digne de respect. Il faut donc une compagnie digne de confiance et c’est ce que nous avons eu avec la compagnie Forage Denis Proulx. Non seulement ont-ils respecté les consignes LEED v4 pour la gestion du chantier en ce qui a trait à la protection environnementale, mais ils ont livré la marchandise. Un chantier écologique comme le nôtre pose des défis particuliers surtout au niveau de la conservation des ressources naturelles et de la réduction des dommages à l’environnement.  Ce n’est que du gros bon sens. Cette sourcière était satisfaite et Gaïa aussi.

mercredi 23 novembre 2016

Pour ne pas confondre les septiques


Je dois faire un aveu. J’aime mon installation septique, un peu, beaucoup, à la folie. C’est une Écoflo, un système de traitement des eaux usées avec un biofiltre, une unité de traitement et un champ de polissage, sans utilisation d’énergie et une empreinte minimale sur notre terrain. J’en parle comme si je venais d’acquérir un tableau de Jean-Paul Lemieux. Ma table de chevet a été visitée par maintes grandes œuvres, de grands romans, des essais foudroyants, des travaux de mes étudiants à l’université, mais rien ne peut comparer à la documentation des manufacturiers de fosses septiques avec illustrations en couleur.
Les Salons de l’Habitation m’ont accueillie à bras ouverts parce qu’en autoconstruction, je cherchais des fournisseurs. Mes yeux étaient avides de trouver les immenses caissons de polyéthylène (du plastique pour les non-convertis), de béton ou de fibre de verre. Mon conjoint entretenait des discussions en rafale avec les différents fournisseurs, sur la superficie de notre propriété, sa topographie, la perméabilité et l’épaisseur du sol naturel en place. Le matin, la table de chevet était ensevelie de cette documentation et on se sentait gras dur de pouvoir faire le bon choix, car cohérence oblige avec notre mandat d’être écolo, l’installation septique demandait un système d’assainissement qui n’aurait pas d’impact sur l’environnement à l’égard de la concentration d’organismes pathogènes rejetés (coliformes fécaux). On voulait un système simple avec une performance et une fiabilité assurée. Nous prônions aussi les systèmes passifs ne requérant aucune électricité ni pièce électromécanique pour le traitement.
Le principe est très simple. Ecoflo est un système passif qui utilise un filtre biologique qui retient les polluants. La fosse septique est le système de traitement primaire où les solides et les liquides sont séparés pour amorcer la décomposition des matières organiques. Le biofiltre Ecoflo est le traitement secondaire. Dans ce mécanisme passif, les eaux usées vont dans une bascule qui les distribue sur des plaques le long d’un support central. Les eaux usées percolent à travers le milieu filtrant organique composé de fibres naturelles où elles seront finalement infiltrées dans un champ de polissage. Le filtre est fait de mousse de sphaigne. La gestion durable des tourbières ainsi que la protection des écosystèmes sont un engagement du manufacturier. Lorsque la tourbe doit être remplacée après dix ans, elle est transportée au site de compostage où elle sera utilisée en composition avec d’autres matières organiques pour faire du recouvrement de sites de revégétalisation.
Pour obtenir le permis de la municipalité, l’arpenteur géomètre doit donner la topographie du site, la pente du terrain récepteur, le niveau de perméabilité le niveau du roc, des eaux souterraines et de la couche de sol perméable. Un plan sera rédigé pour accompagner la demande de permis. C’est lors du creusage pour la fondation que la fosse septique a été installée.
Les plus chevronnés utilisent des toilettes de compostage des excréments, ou des toilettes sèches. Les Suédois en sont de grands admirateurs. Après chaque utilisation, ils versent deux louches de copeaux de bois qu’ils se procurent des scieries, et voilà, du compost. Il y a d’autres systèmes sur le marché comme le roseau épurateur, le bambou et le filtre coco. Nous avons choisi le système qui nous convenait le mieux selon les recommandations de l’arpenteur géomètre, nos conditions climatiques et LEED v4.
Il était aussi question de récupération de nos eaux grises, donc toute l’eau provenant des lavabos, la douche et la lessiveuse à l’exclusion de nos toilettes, de l’évier de cuisine ou du lave-vaisselle à cause des graisses et des matières organiques. Dans notre exubérance de vouloir être écolo et récolter des points LEED v4, nous avons frappé un mur. Notre système de fosse septique ne pouvait pas supporter la récupération des eaux grises à cause du chlore que l’on doit appliquer aux eaux souillées. Adieu récupération des eaux grises qui auraient été utilisées seulement dans nos toilettes.
Être écolo demande parfois plus de responsabilités. Une fosse septique écolo ne fait pas l’exception. Il faut la dorloter pour encourager une culture saine et la garder en condition optimale. Je ne peux pas m’empêcher de sourire à l’idée que j’encourage la culture écolo en prenant soin de mon système de traitement des eaux usées. Une culture en vaut bien une autre. Excusez-la. Je ne pouvais pas résister.

lundi 31 octobre 2016

Un rêve trouve sa fondation



Hélène et Jocelyn Harvey
Dès la première rencontre avec Jocelyn Harvey, entrepreneur de La Malbaie, on se rend rapidement à l’évidence que l’on parle avec un homme d’affaires chevronné. L’évolution de son entreprise est une histoire de succès qui continue à élargir son champ d’expertise en génie civil et génie municipal, les fondations et le déneigement. Lorsque Jocelyn Harvey parle d’affaires, il mentionne souvent les noms de son épouse Hélène et son fils Carl en soulignant leurs rôles dans le succès de l’entreprise. Hélène est futée en administration. Son sourire et son calme rassurant nous accueillent avec un professionnalisme qui va de pair avec ses responsabilités. Leur fils Carl, aussi à l’aise en administration que sur le terrain, offre un service personnalisé sur mesure. Ce jeune entrepreneur nous a accueillis sur le terrain en disant que l’ouvrage qu’il ferait serait comme s’il le faisait pour lui-même. Il a tenu sa parole. En effet, sa dextérité technique avec la pelle mécanique le démarque dans l’industrie. Il est évident que la relève pour l’entreprise de Jocelyn Harvey est entre bonnes-mains.

Gaétan Dupont, Carl Harvey, Robert Rochefort, Stéphane Lavoie
La première impression est toujours la meilleure. Nous ne nous sommes pas trompés quand nous avons rencontré Gaétan Dupont, estimateur et chargé de projet, qui a conçu notre projet pour la fondation.  Ce n’est pas évident pour nous de visualiser les travaux pour estimer leur portée. Gaétan a pris le temps de nous expliquer tout le processus à l’aide d’un logiciel utilisant la topographie de notre terrain soumis par notre arpenteur géomètre. Une fois les caractéristiques de la fondation soumises par l’architecte selon les exigences LEED v4, Gaétan fut en mesure d’illustrer le résultat final en 3 dimensions. On ne pouvait pas demander mieux. De plus, ses visites au site pour superviser et évaluer les travaux étaient de premier ordre. Gaétan est doué d’un focus inouï pour tous les détails du processus d’estimation en construction. C’est aussi un homme axé sur les solutions et le service. Aucune personne ne doute que Gaétan soit aussi un des piliers de l’entreprise de Jocelyn Harvey.
Jean-Luc Néron

Sur le chantier, le spécialiste en fondation, le charpentier-menuisier, Robert Rochefort est l’homme qui réalise au huitième de pouce les travaux. Il calcule tout avec une précision étonnante, calculatrice, appareil de mesure et plans à la main. C’est un perfectionniste dans son métier et son art. Stéphane Lavoie, spécialiste en aqueduc, fosses septiques et champs d'épuration, ainsi que Jean-Luc Néron, manœuvre spécialisé et opérateur de machinerie, installent le matériel pour réaliser les travaux. Tous les jours, nous regardons le progrès et nous sommes impressionnés. Malgré l'intégration de la technologie de fine pointe, construire une maison prend encore de la force physique et de la résilience face aux conditions climatiques. L'équipe reviendra au printemps pour finaliser l'aménagement du terrain et faire les formes de béton pour les terrasses. 
Le cortège interminable de camions a lentement changé le paysage. Nous pouvions enfin voir l’empreinte de la maison. La composition de la semelle est une science exacte.  La fondation a été un sujet pointu dans nos discussions avec l’architecte, les ingénieurs et le chargé de projet. Il fallait s’assurer que sa structure soit au-delà des exigences et même sur le terrain, nous avons modifié sa composition. LEED v4 demandait du béton recyclé dans la formule. Pas évident. Le problème avec le béton recyclé est sa provenance et sa composition. Le fournisseur ne pouvait pas garantir l’absence de pyrite puisque la composition du béton recyclé était difficile à préciser à cause de la provenance. Nous avons donc opté pour du béton non recyclé. Les plans de la
semelle avaient été faits pour 4 pieds de gel sous le sol. Dans Charlevoix, le gel peut aller jusqu’à 7 pieds, donc nous l’avons modifié. Le béton est recouvert de Blue Skin, une membrane d’étanchéité autoadhésive faite d’un composé d’asphalte SBS caoutchouté laminé sur une pellicule de polyéthylène bleue. Elle est imperméable à l'air, à la vapeur et à l’eau. Ensuite, il y a deux épaisseurs de Roxul pour faire 5 pouces, de cet isolant résistant au feu et à l’eau. C’est une solution sans compromis pour des économies d'énergie en matière d'isolation fabriquée à partir de roche et de scories recyclées, un sous-produit de l’acier normalement envoyé à l’enfouissement. Donc non seulement est-ce un produit qui favorise l’économie énergétique, mais il est aussi écologique.

Béton recouvert de Blue Skin
Le sol est composé de terre noire et de roche. Puisque la maison a un rez-de-jardin, l’excavation a été réalisée pour remonter la maison sur le roc et la terre noire avec un remblai de sable. À cause de l’activité séismique importante de la région qui enregistre environ 200 secousses annuellement, la fondation a été renforcie avec une armature d’acier. La fosse septique et le champ d’épuration ont également été installés lors de cette phase de construction. Nous en parlerons dans notre prochain billet.
Roxul sur le Blue Skin
C’est en travaillant avec une entreprise familiale qui offre un service de première qualité qu’il est facile de les recommander non seulement pour la qualité de leur service, mais aussi pour la valeur de leur équipe.  Chez Jocelyn Harvey Entrepreneur, nous avons pu atteindre nos objectifs, non seulement dans les travaux, mais aussi du fait qu’ils ont respecté à la lettre les consignes de la gestion du chantier de construction selon les critères LEED v4. La grandeur d’un métier n’est pas seulement dans l’exécution, mais aussi dans la qualité de la relation client-entrepreneur. Ce n’est pas un hasard que travailler ensemble est non seulement un progrès, mais un succès. À l’origine, ce blogue se voulait le récit informatif de la construction de notre maison écologique en voie de certification LEED.  Au long du parcours, nous avons eu l’ultime chance de rencontrer des individus qui nous ont offert d’excellents services et forgé avec nous une relation de confiance au-delà des affaires. Voilà une des plus grandes forces d’encourager l’économie locale. Ça devient une affaire de famille et de communauté.

jeudi 11 août 2016

Quand la sérendipité devient la norme



Un de mes auteurs préférés, Roch Carrier a déjà dit qu’un homme qui bâtit sa propre maison renait une deuxième fois. On y met de nous-mêmes pour l’amour de notre couple, de notre famille et pour notre communauté. Construire est technique, linéaire, même cartésien. En d’autres mots, si bâtir veut dire léguer un patrimoine intemporel, construire c’est créer tout ce qui se mesure concrètement. C’est une empreinte tangible qui a un impact sur nous et l’environnement. La prime est haute. Ce que l’on fait doit être durable pour ne pas abuser de nos ressources naturelles. Choisir l’écoconstruction, c’est un gage de respect à chaque étape de la construction. L’idée n’est pas neuve. Nos ancêtres le pratiquaient, mais en cour de route comme bien d’autres pratiques vénérables, nous avons oublié d’utiliser des ressources locales peu transformées.
Il n’est pas nécessaire de débattre le point. Une maison écologique et écoénergétique consomme moins d’énergie, d’eau et de ressources naturelles. Elle produit moins de déchets, est plus saine et confortable pour ceux qui l’habitent en plus de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Le coût se compare à celui d’une maison conventionnelle. Les agences d’immobilier indiquent que l’augmentation de la valeur des habitations certifiées est alimentée par un intérêt soutenu pour les habitations écologiques certifiées. C'est donc un bon investissement à tout point de vue.

Nous avons choisi la certification internationale LEED v4 (Leadership in Energy & Environmental  Design) pour notre résidence bioclimatique. En suivant leur système de pointage, nous pouvons réaliser une économie d’énergie importante pouvant aller jusqu’à 70 %. L’utilisation de l’eau potable, une ressource naturelle précieuse, est deux fois moins élevée. De matériaux sains, une ventilation performante et le contrôle du radon diminuent de façon marquée les substances nocives où le niveau des polluants à l’intérieur de la maison peut être jusqu’à 5 fois plus élevé que l’extérieur. Un exemple est le plancher flottant, certaines mélamines et la peinture qui relâchent des émanations toxiques pour presque sept ans. Ensuite, on les remplace et le cycle recommence. On surveille tout pour la santé de notre famille, et pourtant, on s’empoisonne tranquillement avec les émanations toxiques produites par le matériel que nous utilisons dans nos maisons. Une maison écologique fait le contraire, car elle prend soin de nous.

L’écoconstruction a ses avantages financiers sans être plus onéreuse comme plusieurs la croient. Il y a des crédits de taxes dans certaines municipalités, des rabais d’assurances, des avantages sur les hypothèques et surtout une valeur de revente accrue. Donc, construire de façon soutenable en vaut la mèche sur divers plans. Je dois avouer cependant que l’exercice peut devenir ardu, car certains secteurs du domaine de la construction ne s’opposent pas ouvertement au processus, mais dans certains cas, c’est une culture fermée qui n’est pas prête à innover de peur que la rentabilité diminue. Pour le consommateur averti, il faut se préparer en faisant des recherches, en consultant des experts-conseils et en posant les bonnes questions au point où s’en devienne une obsession. On ne peut pas être à demi écolo. C’est tout ou rien. Une fois le point de bascule atteint, on plonge dans l’infini vert et ça, c’est tout un apprentissage en soi-même. Les choix que nous avons faits pour notre maison, en plus d’être verts, reflètent les Baby Boomers, notre démographie qui veut vivre de façon
autonome dans une retraite active. Nous avons rencontré plusieurs acteurs dans le domaine de la construction durable, certains plus militants que d’autres et nous avons toujours apporté notre point de vue à la table. Nous voulons un design universel qui facilite l’accessibilité multigénérationnelle. Ils nous ont écoutés. De ce fait, nous avons attiré l’attention du Conseil de bâtiment durable canadien qui nous affiche sur leur leaderboard sur leur site internet. Même la communauté où nous emménageons nous a mis sur son site avec un lien sur notre blogue. Toute cette visibilité nous donne de la crédibilité. Nos recherches personnelles ont apporté des résultats qui intéressent l’industrie. C’est pour cette raison que plusieurs de nos fournisseurs sont nos partenaires. Vous verrez leurs sigles commerciaux en marge de ce billet. Nous vous invitons à les consulter pour leur leadership, professionnalisme, la qualité de produits et services en écoconstruction.

Pour faciliter notre tâche, les programmes de certifications internationales offrent un encadrement rigide pour atteindre des objectifs mesurables et soutenables. Ce n’est pas de la philosophie ou du greenwashing. C’est la réalité qui se mesure avec des outils conviviaux en ligne comme les tableurs de pointage. Dès l’amont du projet de construction, il faut une équipe sans avoir à débattre les mérites de la construction soutenable. Dans notre cas, nous avons choisi la firme d’architectes TERGOS, de Québec, des experts en écoconstruction. Ils ont raflé plusieurs prix au niveau platine pour LEED. Ensemble, nous avons valorisé les ressources naturelles permettant de se rapprocher du site naturel de notre emplacement sur le bord du fleuve en prônant l’énergie passive et l’emploi de matériaux à faible énergie grise, c.-à-d. l’énergie nécessaire pour la transformation de la matière. La gestion écologique du chantier de construction est aussi une rigueur avec des pratiques concrètes et quantifiables.

En choisissant LEED version 4, nous sommes la 2e maison au Canada et au Québec inscrite pour obtenir cette accréditation internationale. La 1re est à Edelweiss et a été réalisée par Écohabitation, nos mentors. Ils ont atteint le niveau convoité de Platine. Le cheminement pour la certification est échelonné selon les domaines spécialisés de planification et de conception de projet intégrées nommément, l’emplacement et le transport, l’aménagement écologique des sites, la gestion efficace de l’eau, l’énergie et l’atmosphère, matériaux et ressources, qualité des environnements intérieurs, innovation et priorité régionale. Chaque section est pondérée selon un système de pointage cumulatif pour atteindre un point de référence international dans le design et la construction à haute performance. C’est aussi une initiative pour transformer l’industrie de construction. Donc, quand un couple à la retraite comme nous se présente dans cette arène, la donne change avec tous ses défis comme notre courbe d’apprentissage, convertir les non-croyants et faire confiance à des systèmes passifs quand toute notre vie nous nous sommes fiers sur des systèmes énergivores.
Au risque de sombrer dans une course aux points pour faire partie de l’élite platine, il faut avouer que face à la pondération des points pour chaque décision, on devient conditionné à penser comme le tableur de pointage LEEDv4. Il y a deux côtés à cette médaille. Le pointage nous force à suivre une stratégie de construction durable rigide dans sa structure. D’un autre côté, c’est ce qui nous est arrivé, la brique avec tous les règlements de LEEDv4 devient votre lecture de chevet pendant plus de 2 ans pour se transformer en une douce obsession. On dit que l’ambition est un sentiment extrêmement noble. Ce qui la pervertit, c’est l’obsession, qui est dans ce cas, la course au point.

Si on renait quand on bâtit sa maison, entreprendre une construction écoresponsable est une pure
sérendipité. On cherche quelque chose et on trouve autre chose pour se rendre compte que ce que nous avons trouvé est plus adapté à nos besoins que ce que nous pensions rechercher. C’est ce qui explique le mieux l’écoconstruction, sortir des sentiers battus pour se réinventer une nouvelle zone de confort. C’est la nouvelle norme. On lui souhaite un futur sain et très vert.

 

 

samedi 23 avril 2016

L'architecture charlevoisienne


La simplicité bucolique de l'architecture rurale dans Charlevoix
Chaque maison a son histoire. C’est ainsi pour le patrimoine architectural qui devient en sorte le messager culturel d’une époque sacrée. L’architecture conserve la mémoire de nos origines. Elle nous guide dans sa signification parce que nous construisons à notre image. Ce n’est pas de la simple nostalgie. C’est une belle complicité.

Clarence A. Gagnon
L’architecture charlevoisienne ne fait pas exception. Sa signature distincte communique une émotion bucolique qui vient nous interpeller depuis plus d’un siècle et demi. La terre de Menaud maître draveur conjure en nous une fierté profonde. D’anciens clichés photographiques démontrent la villégiature élégante des grandes villas sur mer qui ont accueilli plus d’un pinceau ou d’une plume pour les décrire. Aujourd'hui, je les contemple comme Laure Conan ou Gabrielle Roy a dû les regarder. Comme Clarence A. Gagnon et toute une pléiade d’artistes. La simplicité généreuse de l’architecture rend Charlevoix mythique. Ce que j’aime le plus est l’architecture rurale traditionnelle avec ses toits mansardés, ses granges à encorbellement, ses couleurs et ses textures. Ce qui m’émeut le plus est que j’ai le privilège de vivre parmi eux.


Le cachet spécial de l'architecture patrimoniale urbaine
 Après deux ans de planification, mon conjoint Pierre, avec toute la patience d’un bénédictin, vient de mettre la touche finale sur nos plans pour construire notre résidence de style maison de campagne moderne. On peut voir aussi cette architecture résidentielle dans les pays scandinaves. Ses lignes épurées, sa simplicité modeste, la texture des matériaux nobles qui la composent la rendent intemporelle. Nous l’avons choisi pour qu’elle soit bien ancrée dans le paysage de Saint-Irénée selon les normes qu’exige le privilège de vivre dans une région de villégiature hautement prisée.

Une architecture rurale au-delà de la nostalgie.
Quand vient le temps de gérer l’impact d’une nouvelle construction, le tout est scruté non seulement sur le plan environnemental, mais aussi sur le plan architectural. Le plan d’implantation et d’intégration architecturale de la MRC de Charlevoix Est exige des propriétaires demandant un permis de construction de fournir une description technique des revêtements extérieurs, des recouvrements de toitures, des couleurs et des matériaux. Une continuité architecturale doit être assurée tout en se conformant aux exigences actuelles des nouveaux codes de bâtiment. C’est un dialogue créatif qui assure les projets de construction bien muris. 

Le premier coup de pelle aura lieu bientôt et nous l’attendons avec impatience. Nous ne sommes pas les seuls. Plusieurs observateurs soit du domaine professionnel, industriel ou commercial sont intéressés par les protocoles environnementaux et énergétiques que nous avons intégrés dans sa construction. L’Heure Bleue est reconnue par le Conseil du bâtiment durable du Canada comme leader dans la construction écologique et écoénergétique et elle est la deuxième résidence au Canada et au Québec inscrite pour la certification LEED v4, une certification internationale. Nous partagerons avec vous via ce blogue notre expérience avec nos partenaires que ce soit au niveau de la conception, de la construction, de produit ou du service. Vous pourrez consulter également le site du CBDC sous la rubrique Leaders du LEED v4. Vous nous trouverez sous la rubrique Habitations et collectifs d’habitations de faible hauteur. Tel que mentionné par le CBDC : Le Canada est un chef de file mondial du bâtiment durable et on y compte le plus grand nombre de projets certifiés LEED à l’extérieur des États-Unis. Cette réussite repose sur des professionnels canadiens innovateurs qui cherchent toujours à atteindre les niveaux de durabilité les plus élevés dans la conception, la construction et l’exploitation des bâtiments. Le CBDC mentionne L’Heure Bleue parmi les leaders du Canada en matière de bâtiments durables.
Il y a une différence entre construire et bâtir. Construire une maison est un défi de taille lorsqu’on vise une certification écologique internationale. Bâtir une maison c’est autre chose parce qu’on veut qu’elle nous ressemble. L’Heure Bleue de Charlevoix prendra sa place parmi les autres domaines du Ruisseau-Jureux et comme un bon vin que l’on décante avec anticipation, notre petite maison de ferme sera à la hauteur, non seulement sur le plan environnemental et énergétique, mais pour sa contribution au patrimoine rural charlevoisien.